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C.GUITTET

C.GUITTETRouge sang de vie, rouge passion, rouge combat pour exister, rouge ce qui bouge. Plume d'or plume d'oie, plume lourde ou légère, plume d'oiseau migrateur ou messager... Rouge la plume qui caresse ou égratigne la peau des choses, mais rouge aussi la couleur des joues intimidées, et plume l'écran d'oreiller sous lequel elles se cachent.

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Long Courrier

Par C.GUITTET :: 09/07/2010 à 0:00 :: Poèmes

L’avion

tout en haut du ciel

bloc d’acier immobile aux yeux de mille pattes

 

à l’intérieur

moteur hurlant de tous ses bruits

écouteurs déferlant en musique

écrans cracheurs d’images

essaim de jambes qui tressaillent

le sol est sale

quelqu’un dort

lunettes de tissu sur les yeux

 

soudain par le hublot

où le froid imprima sa dentelle de givre

c’est le miracle du Groenland

pics rocheux aux couloirs enneigés émergeant des nuages

 

et la machine enfin

comme un grand oiseau blanc survolant les merveilles

 

et sur mon siège dur je suis Niels Olgerson

le monde m’appartient

au milieu du vacarme j’ai trouvé le silence

le silence et le rire

 

et je n’ai plus besoin d’acier pour m’envoler

je plane je lévite

je fonds vers la lumière

les yeux noyés dans l’aveuglante blancheur

qui ouvre au creux de mon regard

des fenêtres de verdure

 

monter toujours plus haut

ne jamais redescendre

ne jamais replonger

sous le plafond de nuages

nez dans le gris des agendas

 

Inaccessible étoile

 

Je ferme les yeux

je les ouvre à nouveau

 

je prends mon carnet et mon crayon

 

Mots à maux le long courrier

au fond de ma mémoire

poursuivra mon voyage


Arrogance

Par C.GUITTET :: 08/07/2010 à 23:56 :: Haikus


 

sous les dorures on brade

les médailles

métaux fondus dans la sueur

Le Rameau d’if

Par C.GUITTET :: 19/06/2010 à 18:16 :: Poèmes

 

L’instant est devenu minute heure journée

Et puis semaine mois et saison et année

Il s’est retourné sur lui-même et à nouveau s’est dilaté

La spirale s’éloigne de son point de départ

Mais la peine est toujours là

Du souffle profond qui s’épuise à jamais

Du regard sur l’ailleurs et soudain absenté

Du corps qui se relâche puis se fige et se glace

 

Tous les soirs je retourne vers l’if

Qui m’écoutait aux jours d’angoisse et d’agonie

Pour retrouver l’écho de celle qui est partie

Son regard sa chaleur et sa voix m’y entouraient encore

 

Mais aujourd’hui dans la clarté de l’évidence

Je l’ai sentie soudain me quitter doucement

- Comme un oiseau qu’on libère enfin prend son envol -

Et s’en aller où je ne peux la suivre

Rejoindre ceux qui l’y ont précédée

 

Vertige de l’abandon au bord de mon désert

Sans force je me suis assise sur la terre

Toutes les larmes de mon corps

Moi qui les avais retenues

Je les ai pleurées

Jusqu’ à la dernière

Au pied de l’arbre déserté

 

La source asséchée de mes yeux

S’est tournée vers l’intérieur de mon pays secret

Les souvenirs ont afflué

Joyeux moments du temps passé

Cris et rancoeurs aussi que la vie apaisa

Ce long chemin guidé par sa présence

Et dont j’avais oublié la lumière

Je l’ai trouvé intact comme une part de moi-même

 

Désormais je ne serai plus seule

J’ai planté mes racines tout au creux de la terre

Mes branches ont poussé bien au-delà du ciel

En équilibre entre les deux je suis un arbre vigoureux

Intégré dans le cycle sans fin des saisons

Je me redresse lentement comme on danse une valse

Je veux bouger ainsi que ferait une reine

Je cueille un rameau de l’if qui écouta ma peine

Un jour je le rendrai à la terre

Car je n’en aurai plus besoin

 



Etre et penser

Par C.GUITTET :: 06/06/2010 à 2:01 :: Général

"Là où je suis je ne pense pas.
Là où je pense je ne suis pas."
LACAN

Tout est dit...

Une question peut-être : où était LACAN, quand il a écrit cette pensée si juste qu'elle paraît impensable selon ses propres critères ?
... Là où je parle, je pense et je suis ?

Rien à rajouter...

Aube

Par C.GUITTET :: 06/06/2010 à 1:52 :: Poèmes

 

Rêves

Brisures de rêves que je retrouve au fil de mes éveils fugitifs

Patchwork d'images couverture de visions

Dont le jaillissement protège mon obscurité

Invente l’unité des heures noires

 

Rêves

Et je cherche à garder en main tous les fils de la toile

Pour pouvoir araignée

Emprisonner la nuit

La sucer jusqu'à la moelle

 

Rêves

Et je m'enroule à tous les cheveux de comète

Pour enfin corps des étoiles éteintes

Parcourir l'infini et retrouver mon âme

 

 

Souvenir d'un matin d'éveil sensuel et chaud

à voix de chatte enfin s'abandonnant

au bonheur de voir se lever le soleil

dans les bras de son amant



Quand viendra le déluge - Concert de Pascal TONNAER

Par C.GUITTET :: 21/05/2010 à 23:58 :: Coups de coeur

Quand viendra le déluge
Pascal Tonnaer en concert au Caf'Art Théâtre

8 rue de Versailles, 78470 SAINT-REMY-LES-CHEVREUSE

le vendredi 4 juin à 21 h
 
"Pascal rentre sur scène, et c’est comme un coup de Tonnaer !
C’est comme assister à une tempête en haut d’un phare : une interprétation d’une force et d’une présence inouïes.
Il entre, il chante et ça claque, ça prend aux tripes, ça vous remue les méninges. Ca bouleverse.
Les textes sont ciselés, vifs et sans détour. Et pourtant d’une incroyable poésie.
Dès la première seconde, il vous  arrache de vos sièges et vous propulse ailleurs dans un tourbillon incroyable
de mots, de notes et d’images.  Un artiste absolument remarquable  qui repart avec un léger sourire aux lèvres
et l’oeil qui brille : comme une brise marine.” (Ph.Castaing - Caf'Art Théâtre)

J'ai vu maintes fois cet artiste en concert, et sa présence, ainsi que la force et la beauté de ses textes et de sa musique, me touchent toujours autant. C'est pour cela que j'ai souhaité en parler ici. Il faut venir l'écouter, le voir habiter son univers et nous l'offrir avec une générosité absolue.
 
www.myspace.com/tonnaerpascal
 
infos et réservations : www.pulsartproductions.fr ou 01.30.47.33.68
 

Pavane

Par C.GUITTET :: 05/05/2010 à 23:53 :: Haikus

Les paons dansent la pavane

    - Pérorant à grands gestes

      Des vieillards au cheveu rare



Printemps parisien - avril 2010

Par C.GUITTET :: 22/04/2010 à 21:57 :: Poèmes

L’air est léger lumineux parfumé de pollens

Paris s’y baigne à loisir et gomme sa vieille crasse

Le pont neuf a des allures de décor

Vacarme des klaxons et des accordéons

Les étals offrent des bracelets mexicains

Des masques africains des sodas américains

 

Sur les bancs attendris rêvent les amoureux

Dans leurs tenues de lin froissé

Des touristes en maraude

Ecouteurs aux oreilles

Achètent des tours Eiffel

 

Sous le porche d’une banque une Roumaine

Assise, emmitouflée de noir,

Pieds nus dans des tongs de caoutchouc,

Berce des enfants ternis – les siens ? -

Main tendue vers les passants qu'enivre le printemps nouveau

 

Emmurée dans la vieille pierre

L’ombre des cœurs bannis

Charrie le souvenir de ceux

Qui n’eurent jamais de nom

Pour qui jamais il n’y eut ni place ni espoir

Ils errent transparents sans trouver le repos

Ecrasés de tous leurs os dans la fosse où ils sont entassés,

Jetés au coin du cimetière près des saints innocents

 

Je les entends dans la rue sombre

Où l’accordéoniste n’en peut plus

De pousser les soufflets fendillés

- A terre un gobelet et quelques pièces rousses


Je les entends dans la musique de la scie

qui me terrorisait enfant et qui me fascinait

Je croyais que l’archet hurlait

Et se plaignait du tranchant de la lame

L’homme était en gris, l’église était en noir

Et le froid était blanc

Aujourd’hui la couleur colorie la misère

Les clichés apprivoisent ou déguisent l’horreur

 

 

La basse-cour s’agite au soleil qui blondit les pierres

Le coq poursuit de ses assiduités les poules excitées

Les coquilles se fendent, petits éclats aussitôt picorés

Comiques les poussins agitent leur duvet citronné

et s’égaient au milieu des grains et des cailloux

 

Mais à l’écart la poule rousse, 

Vieille sorcière efflanquée à moitié déplumée,

Oublie son dos sanguinolent mangé de coups de bec

Pour guetter les mégères, prête à fuir toute approche

 

Les renards sont à l’affût

Moi je leur ai jeté ma poupée de chiffon

Et je danse avec les loups

Sur le rocher des amours

Où ils hurlent à la lune

Mais mon cœur est un mouton noir

Dépecé et broyé dans leur panse repue






Silence - 4

Par C.GUITTET :: 20/04/2010 à 0:19 :: Haikus
             écartée la cellophane

la blanche orchidée

a le parfum du silence

Haïkus rédigés en atelier au Salon du livre de Chevreuse, le 10 avril 2010

Par C.GUITTET :: 11/04/2010 à 22:24 :: Haikus

premières fourmis

       les jours s'allongent

mes vêtements ont rétréci




soleil blanc sur le sable doux

si légère l'ombrelle

     - la peau d'un bébé s'y brûle




premier jour du mois de mars

le ciel est si bleu

     - prends donc un parapluie

Haïku du 10 avril, rédigé de tête en allant vers Chevreuse

Par C.GUITTET :: 11/04/2010 à 22:20 :: Haikus

sous le vent tiède d'avril,

les magnolias en fleurs

ont la peau des jeunes filles.

Vertige

Par C.GUITTET :: 24/02/2010 à 9:26 :: Poèmes

Autrefois je courais dans le jardin nocturne

Offrant ma joie légère aux arbres de la lune.

 

La tiède chair des pêches, le goût des baisers,

Les chemins de traverse et le cœur chaud des fleurs,

La douce voix qui berce et la main qui caresse…

 

Enfance de ce monde au naufrage annoncé,

Que valent mes plaisirs quand tout doit disparaître ?

 

Demain, après-demain, dans cinq milliards d’années

Le soleil refroidi absorbera la terre

Où tombeaux et palais ne seront plus que ruines,

Poussière enveloppant le froid désert terrestre

Depuis longtemps perdu dans la nuit d’un silence

Qui n’abritera plus ni souffle ni conscience.

 

Plus de regard pour voir, contempler, admirer

Les reliefs, l’horizon, et l’ombre et la lumière.

Plus de mots pour nommer, exprimer,  célébrer

Les bonheurs, les douleurs, et l’amour et la mort.

Tout l ‘univers lui-même en un point condensé

Pèsera l’infini à l’aune du néant.

 

Plus d’espace, de temps, rien que le tout du rien.

 

La vie n’aura duré qu’un battement de cœur

Egaré dans le sein des siècles et des siècles.

 

Oiseau de paradis, retiens au bord du vide

Cet unique frisson de tes ailes faucheuses !

Le trait de ton envol est le mot de la fin.

 

Je ne veux pas du noir !

Oiseau chante pour moi

Dans la nuit qui descend, cet abîme sans fond

Que nul mot n’apprivoise…

 

Moi, soleil, je veux vivre !

Je veux avoir vécu

Et qu’un jour sur la terre il y ait des vivants

Qui n’aient jamais connu l’écho de mon passage.




Printemps des poètes - Diptyque

Par C.GUITTET :: 12/02/2010 à 19:43 :: Général
Les deux poèmes qui suivent disent pour moi l'alpha et l'oméga de la femme. Entre les deux, tout un éventail à découvrir...

ALLO

Mon avion en flammes mon château inondé de vin du
          Rhin
Mon ghetto d’iris noir mon oreille de cristal
Mon rocher dévalant la falaise pour écraser le garde
          champêtre
Mon escargot d’opale mon moustique d’air
Mon édredon de paradisiers ma chevelure d’écume noire
Mon tombeau éclaté ma pluie de sauterelles rouges
Mon île flottante mon raison de turquoise
Ma collision d’autos folles et prudentes ma plate-bande
          sauvage
Mon pistil de pissenlit projeté dans mon œil
Mon oignon de tulipe dans le cerveau
Ma gazelle égarée dans un cinéma des boulevards
Ma cassette de soleil mon fruit de volcan
Mon rire d’étang caché où vont se noyer les prophètes
          distraits
Mon inondation de cassis mon papillon de morille
Ma cascade bleue comme une lame de fond qui fait le
          printemps
Mon revolver de corail dont la bouche m’attire comme l’œil
          d’un puits
                    scintillant
glacé comme le miroir où tu contemples la fuite des
          oiseaux-mouches de ton regard
perdu dans une exposition de blanc encadrée de momies
Je t’aime

Benjamin PERET (1899-1959



JE SUIS LA FEMME QUI S'EST REVEILLEE

Je me suis levée et me suis changée en tempête
                                        balayant les cendres de mes enfants brûlés
Je me suis levée des ruisseaux formés par le sang de mon frère
La colère de mon peuple m'a donné la force
Mes villages ruinés et incendiés m'ont remplie de haine pour l'ennemi,
Je suis la femme qui s'est éveillée,
 
J'ai trouvé mon chemin et je ne reviendrai jamais.
J'ai ouvert des portes closes par l'ignorance
J'ai dit adieu à tous les bracelets d'or
Oh compatriote, je ne suis plus celle que j'étais
Je suis la femme qui s'est éveillée

J'ai trouvé mon chemin et je ne reviendrai jamais.
J'ai vu des enfants sans foyer, errant pieds nus
J'ai vu des promises aux mains tatouées de henné en habit de deuil
J'ai vu les murs géants des prisons avaler la liberté
          dans leurs estomacs d'ogres
Je suis ressuscitée parmi des gestes épiques de résistance et de courage
J'ai appris le chant de la liberté dans les derniers soupirs,
          dans les vagues de sang et dans la victoire
Oh compatriote, Oh frère, ne me considère plus comme faible et incapable
Je suis de toute force avec toi, sur le chemin de la libération de mon pays.
Ma voix s'est mêlée à celle de milliers d'autres femmes qui se sont levées
Mes poings se serrent avec les poings de milliers de compatriotes
Avec toi, j'ai pris le chemin de mon pays,
Pour briser toutes ces souffrances et tous ces fers,
Oh compatriote, Oh frère, je ne suis plus celle que j'étais
Je suis la femme qui s'est éveillée

J'ai trouvé mon chemin et je ne reviendrai jamais.

                                     Meena (1956-1987) - Poète et martyre née à Kaboul
 

Printemps des poètes - MOTS et VOIX Les couleurs au jeu de l'éventail

Par C.GUITTET :: 12/02/2010 à 18:39 :: Général
"Disons-le sereinement, en poésie comme dans les autres domaines artistiques, la femme a le plus souvent été cantonnée à un rôle subalterne : muse, confidente, consolatrice… La valeur péjorative de l’appellation « poétesse » en dit plus que de longs discours. La question n’est pas de débattre s’il y a ou non une poésie féminine. La question est de mettre en lumière l’apport, à travers l’histoire, des femmes poètes et leur présence remarquable dans la création contemporaine. Ce pourra être aussi l’occasion de considérer les représentations du féminin dans l’imaginaire poétique, au-delà des stéréotypes de la célébration amoureuse."
Jean-Pierre Siméon


Femme - Muse
Femme - Repos du guerrier
Femme amoureuse - Femme Harpie
Eve et Dalila - femme enfer
diablesse et damnation
Jeanne et Marie - Carmen Lolita et Marie-Madeleine
           Mais aussi
Mère Courage
Liberté guidant vers la victoire
Femme engagée luttant sur tous les fronts
Charlotte Corday et Louise Michel,  Elisabeth Badinter et
Andrée Chedid...
Germaine Tillon, Angela Davis, Charlotte Delbo, Françoise Dolto

Couleur femme...
Quel singulier accord pour un éventail infini de mots, de voix et de regards !


«Vivre en poésie, ce n'est pas renoncer ; c'est se garder à la lisière de l'apparent et du réel, sachant qu'on ne pourra jamais réconcilier, ni circonscrire.»

«La poésie - par des voies inégales et feutrées - nous mène vers la pointe du jour au pays de la première fois.».
Andrée CHEDID

Dans le cadre du Printemps des Poètes, Vue sur Scène & Rouge-Plume proposent 
Mots et VOIX les couleurs au jeu de l'éventail
Samedi 20 mars entre 14h et 23h
au Caf'Art Théâtre
(8 rue de Versailles, 78470 SAINT-REMY-LES-CHEVREUSE)


QUOI QUAND COMMENT

- 14h-17h : atelier d'écriture poétique ;
- 17h-19h : atelier de lecture poétique ;
- 21h-23h : soirée rencontre en deux temps:
scène ouverte pour ceux qui désirent lire aux spectateurs un poème de leur choix ;
parcours poétique mis en scène et dit par Claudine Guittet, avec le concours de Marlène Bontems Van Heijenoort.

Participation Aux Frais:
-  1 atelier= 5 euros / 2 ateliers=8 euros 
-  Soirée seule : PAF 15 euros / TR12 euros.
-  1 atelier et la soirée: 17 / TR 14 euros.
-  2 ateliers et la soirée: 19 /TR16 euros.

Détails matériels concernant les ateliers:
6 -12 participants. Animatrice: Claudine Guittet, comédienne et metteur en scène, D.A. de la Compagnie Vue sur Scène : http://www.vuesurscene.fr
- Ecriture: Une progression dans les consignes permet aux participants d’exprimer les images qu’ils portent en eux et de défendre «leur couleur femme».
Venir si possible avec un éventail - de quelque nature que ce soit, idées, mots, images... - et de quoi écrire.

- Lecture : Libérer la puissance évocatrice des alexandrins, des vers réguliers ou libres ; faire entendre la chair des mots, leurs résonnances  infinies... C’est le but de cet atelier, où l’on peut venir avec un texte que l’on a choisi ou écrit soi-même.

Inscription aux ateliers : mailto: vuesurscene@free.fr  -  06 14 63 12 21
Réservation pour la soirée : www.pulsartproductions.fr

Instant zéro

Par C.GUITTET :: 01/01/2010 à 23:55 :: Général

Je levais mon verre à l’an nouveau
et mon geste déjà
date de l’an passé
 
Au douzième appel du hibou
l’an prochain est devenu
l’instant présent aussitôt en allé
Je n’ai même pas
pour boire l’eau de vie
eu le présent d’un instant
 
Et tourne tourne
la valse du temps
où le corps du monde et se courbe et vieillit
A chaque tour autour du ciel
 
Et tournent tournent
les mots qu’on échange
Tombent tombent les vœux sans amarres
Et s’effondre sans cesse l’ivresse des fêtes
 
Depuis toujours et à jamais
Le port d’attache a disparu
Le port refuge est pour demain
Aujourd’hui est le chant du combat
 
Rame ô ma vie de tempêtes
Car le vent qui te pousse
Va seul dans le sens des étoiles
 
Où qu’elles te mènent
Au bout du compte.


© 2009 - Claudine Guittet

Les documents de Rouge Plume sont la propriété exclusive de Claudine Guittet, ou de leurs auteurs lorsque indiqué. Ils ne peuvent être reproduits sans autorisation préalable. Le blog contient des liens externes vers d'autres sites. Le contenu et la présentation de ces sites demeurent la responsabilité de leur propriétaire.



Voeux 2010

Par C.GUITTET :: 25/12/2009 à 15:06 :: Général

Sous le gui un calumet...


          Les confettis volent,

Ronds de couleurs pour demain.


En colère CONTRE ZEBLOG

Par C.GUITTET :: 03/12/2009 à 22:24 :: Général
Ceci n'est ni un poème ni un article littéraire,
mais l'expression d'une colère justifiée VIS A VIS DE ZEBLOG


Il y a 15 jours au moins - le 14 novembre très précisément -  j'ai pris un abonnement à un compte Premium et j'ai payé par Carte Bleue.
J'ai reçu immédiatement un avis de prélèvement sur mon compte.
Mais j'attends toujours d'avoir accès aux interfaces Premium.
J'ai écrit à deux reprises, très poliment, pour demander ce qui se passait, et n'ai eu aucune réponse.


Je considère donc, jusqu'à preuve du contraire, que je me suis fait escroquer de 27 euros.

A bon entendeur, salut !


3 décembre 2009

De sel et de feu

Par C.GUITTET :: 22/11/2009 à 22:53 :: Poèmes

Je suis la mer étale, immensément tranquille,

Vaste, lisse comme un étang sans limite,

Epousant les contours immobiles du vent 

Plongeant infiniment jusqu’au cœur de la terre.

 

Poissons dormeurs entre deux eaux,   

Algues, coraux inertes parmi les épaves,  

Tout se tend vers l’écoute des échos lointains,

Pour mieux accueillir les mots de sel et de feu.

 

L’étrave d’un bateau précautionneusement

Glisse fendant la mer d’une main bienfaisante.

Son sillage se fond dans l’onde indéchiffrable

Où se perd le soleil rétif au doux mystère.

 

Mais les profondeurs bleues qui bercent l’anémone

Entament leur ballet souterrain et lascif

Avec les cachalots et les dauphins agiles

Qu’embrasse tendrement la mer d’huile et de lait.

 

C’est une danse tournoyante et sans image

- Tourbillons vastes, lents, dilatant l’horizon

Des grands fonds interdits où s’ouvrent les étoiles

Que berce la marée de ses yeux refermés.

 

Et mon visage d’eau, pudique et lumineux,

Miroite en larges ondes à l’infini offertes

Autour du grand vaisseau amarré à l’instant

Qui n’en finit jamais de renaître à lui-même.



Berceuse pour MH

Par C.GUITTET :: 03/11/2009 à 23:10 :: Poèmes
 

Dors en paix petit oiseau.

 

Depuis que tu es mort avant même de naître,

Depuis qu’on a sorti ton petit corps de moi,

En moi tu n’as cessé de vivre et de mourir

Et de revivre en vain d’une mort sous-marine

Agonisée sans fin.

 

Il est temps de partir mon cœur je le sais bien.

Lentement tendrement je te sens t’évader,

T’envoler de mon ventre sans le déchirer.

 

Comme la pluie raconte le ciel à la terre,

L’eau de mes yeux  lave mon cœur souillé de sang,

Lave mon cœur ma tête et mon corps réparés

Après avoir été si longtemps séparés.

Elle irrigue le sol et le vent et l’espace

Qu’à nouveau reconquièrent les amants du voyage

Au chant plein d’énergie.

 

Va en paix petit oiseau.

J’accueille la brisure au sein de nos secrets,

J’accepte ton départ comme on cueille un fruit mûr,

Je prends la vie sans toi, ses soleils, ses brouillards.

Voilà. Je te libère du souci de ma peine.

Repose en paix mon cœur.

 

Dors en paix petit oiseau




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Rencontre

Par C.GUITTET :: 20/10/2009 à 17:17 :: Poèmes
 

Rencontre

- Partage des passions sur le fil si ténu

A l'orée des refus.

 

Rencontre

- Vertige du grand saut par-delà les frontières

Vers ce lieu invisible, aire de jeu unique,

Vide créé fragile

Au-dessus de l'abîme où court, inexorable,

La longue traversée des « je » en solitaire.

 

Rencontre 

Des mots avec les blancs sur le papier bien lisse

Ainsi silence et voix font naître la présence

- Comme texte et musique

Sont le fil qui relie l'espace et la limite,

La chair et le souffle du vent qui fait chanter

 

Rencontre

- Ephémère éternel du chef-d’œuvre en germance -

Cette écoute attentive aux tensions des extrêmes.



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